Vous gérez une entreprise et cherchez à comprendre sa santé financière sans vous perdre dans des chiffres complexes ? Le ratio représente l’outil parfait pour transformer vos données comptables en informations actionnables. Cette approche permet aux dirigeants, aux investisseurs comme aux banquiers d’évaluer rapidement la performance d’une société, sa capacité à générer des profits ou sa solidité face aux créanciers.
Qu’est-ce qu’un ratio financier et pourquoi le calculer ?
Un ratio financier se définit comme un coefficient ou un pourcentage obtenu par le rapport entre deux masses chiffrées. Cette division simple entre deux données comptables offre une vue synthétique de la situation d’une entreprise à un moment précis. Contrairement aux prévisions, ces indicateurs s’appuient uniquement sur des informations existantes, passées ou présentes, issues principalement du compte de résultat et du bilan.
L’intérêt de calculer ces indicateurs dépasse largement le simple suivi comptable. Pour le dirigeant, ils constituent un tableau de bord permettant de mesurer la performance globale de sa structure et de vérifier l’atteinte des objectifs fixés. Ces outils d’alerte déclenchent les actions correctives nécessaires lorsque certains seuils sont franchis.
Pour les établissements prêteurs, les actionnaires et les agences de notation, ils fournissent des informations claires sur la capacité de l’entreprise à rembourser ses dettes, à générer des bénéfices ou à assurer sa pérennité.
Les ratios servent également de moyen de communication interne entre dirigeants et collaborateurs, et externe vers les partenaires financiers. Leur utilisation facilite les comparaisons avec les sociétés concurrentes évoluant dans le même secteur d’activité, permettant ainsi de se positionner sur son marché. Dans un contexte de rachat d’entreprise ou de négociation d’emprunt, ces indicateurs prennent toute leur dimension stratégique.
La méthode générale pour calculer un ratio
Le calcul d’un ratio repose sur une formule mathématique simple : la division de deux grandeurs homogènes. La méthode générale consiste à diviser une première masse par une seconde, puis à multiplier le résultat par cent pour obtenir un pourcentage. Cette formulation s’écrit ainsi : (M1 ÷ M2) × 100.
Cette simplicité apparente cache une réalité plus complexe. Concevoir un ratio pertinent nécessite une réflexion approfondie sur plusieurs aspects. La première étape consiste à définir précisément l’élément ou la notion que vous souhaitez évaluer. Faut-il mesurer la rentabilité, la liquidité, l’endettement ou la productivité ? Chaque objectif appelle un ratio différent.
Une fois l’objectif défini, il convient d’identifier et de séparer l’ensemble des composantes de la notion étudiée. Prenons l’exemple de la rentabilité : plusieurs éléments entrent en jeu, comme le chiffre d’affaires, les charges, le résultat net ou les capitaux propres. Chacune de ces composantes doit pouvoir être mesurée de manière stable et fiable dans le temps.
La conception du ratio proprement dit exige de choisir les bonnes variables à mettre en numérateur et en dénominateur. Le sens du ratio doit rester facilement compréhensible pour tous les utilisateurs, qu’ils soient initiés ou non à l’analyse financière. Un bon ratio se caractérise par sa pertinence, son utilité pratique, son accessibilité au calcul, sa durabilité dans le temps et sa capacité à permettre des comparaisons larges.
Les données utilisées proviennent généralement des documents comptables que sont le bilan et le compte de résultat. Certaines analyses nécessitent un retraitement préalable de ces documents pour gagner en cohérence et en pertinence. Le bilan fonctionnel ou le bilan financier, par exemple, offrent une présentation adaptée au calcul de certains ratios spécifiques. Des informations extra-comptables, comme les données des marchés financiers, peuvent également alimenter certains calculs.

Formules mathématiques des ratios financiers
Voici l’ensemble des formules de calcul des ratios financiers présentées sous forme de notations mathématiques légendées, prêtes à être utilisées pour analyser la performance de votre entreprise.
Ratios du compte de résultat
Ratio d’activité (en %)
Ratio d’activité = [(CA année N – CA année N-1) ÷ CA année N-1] × 100
Mesure la variation du chiffre d’affaires d’une année sur l’autre
Taux de rentabilité net – Profitabilité (en %)
Taux de rentabilité net = (Résultat net ÷ Chiffre d’affaires HT) × 100
Mesure la capacité à générer des bénéfices par rapport au niveau d’activité
Marge commerciale (en €)
Marge commerciale = CA HT – Achats et services consommés
Richesse générée après déduction des achats
Taux de marge commerciale (en %)
Taux de marge commerciale = (Marge commerciale ÷ Chiffre d’affaires HT) × 100
Mesure le pourcentage du CA restant après paiement des marchandises
Ratio de productivité (en €)
Ratio de productivité = Indicateur choisi ÷ Nombre de salariés
Mesure la performance par salarié (indicateur = CA, VA ou EBE)
Répartition de la valeur ajoutée (en %)
Part de l’État = (Impôts et taxes ÷ Valeur ajoutée) × 100
Part des prêteurs = (Charges financières ÷ Valeur ajoutée) × 100
Part des salariés = (Charges de personnel ÷ Valeur ajoutée) × 100
Part de l’entreprise = (Résultat net ÷ Valeur ajoutée) × 100
Répartition de la richesse créée entre les parties prenantes
Ratios du bilan
Ratio d’indépendance financière (en %)
Ratio d’indépendance = (Capitaux propres ÷ Capitaux permanents) × 100
Mesure l’autonomie financière de l’entreprise
Ratio d’autonomie financière (en %)
Ratio d’autonomie = (Capitaux propres ÷ Total du bilan) × 100
Mesure le poids des fonds propres face à l’ensemble des ressources
Ratios de liquidité
Liquidité générale = Actif circulant ÷ Passif circulant
Liquidité restreinte = (Créances + Disponibilités) ÷ Dettes à court terme
Liquidité immédiate = Disponibilités ÷ Dettes à court terme
Mesurent la capacité à acquitter les dettes à court terme (doivent être supérieurs à 1)
Ratio de couverture des emplois stables (en %)
Couverture emplois stables = (Capitaux permanents ÷ Actif immobilisé net) × 100
Mesure la couverture des actifs à long terme (doit être supérieur ou égal à 100%)
Ratio de vétusté (en %)
Ratio de vétusté = (Immobilisations corporelles nettes ÷ Immobilisations corporelles brutes) × 100
Mesure le niveau d’usure de l’outil de production (plus proche de 100% = plus récent)
Ratios de trésorerie et d’équilibre financier
Fonds de roulement net global – FRNG (en €)
FRNG = Capitaux permanents – Actif immobilisé
Excédent ou insuffisance des capitaux permanents sur l’actif immobilisé
Besoin en fonds de roulement – BFR (en €)
BFR = (Stocks + Créances) – (Dettes fournisseurs + Dettes fiscales + Dettes sociales)
BFR exploitation = Actif circulant exploitation – Passif circulant exploitation
Besoin de financement lié au cycle d’exploitation
Trésorerie nette (en €)
Trésorerie nette = Trésorerie actif – Trésorerie passif
Trésorerie nette = FRNG – BFR
Solde de trésorerie disponible
Délais de règlement (en jours)
Délai clients = (Créances clients TTC × 360) ÷ Chiffre d’affaires TTC
Délai fournisseurs = (Dettes fournisseurs TTC × 360) ÷ Total des achats TTC
Durée moyenne des paiements et des encaissements
Rotation des stocks (en jours)
Rotation stocks = (Stock de marchandises × 360) ÷ Total des achats TTC
Stock moyen = (Stock initial + Stock final) ÷ 2
Durée moyenne de conservation des stocks
Ratios de solvabilité et de couverture
Ratio de capacité de remboursement (en années)
Capacité de remboursement = Endettement net ÷ Capacité d’autofinancement
Capacité de remboursement (variante) = CAF annuelle ÷ Annuités de remboursement totales
Nombre d’années pour rembourser les dettes (doit être inférieur ou égal à 4)
Taux de couverture des frais financiers (en %)
Couverture frais financiers = (Frais financiers nets ÷ Valeur ajoutée) × 100
Part de la VA servant à rémunérer les prêteurs
Taux de couverture des emprunts long terme (en %)
Couverture emprunts LT = (Remboursements annuels ÷ Capacité d’autofinancement) × 100
Part de la CAF absorbée par les remboursements
Taux de couverture de la dette
Couverture dette = Excédent brut d’exploitation ÷ Annuités d’emprunt et de crédit-bail
Capacité de l’EBE à couvrir l’ensemble des dettes
Ratios de rentabilité des capitaux
Rentabilité des capitaux propres – ROE (en %)
ROE = (Résultat net ÷ Capitaux propres) × 100
Rendement des capitaux investis par les actionnaires
Rentabilité globale (en %)
Rentabilité globale = (Résultat net comptable ÷ Chiffre d’affaires HT) × 100
Performance globale de l’entreprise
Taux de marge brute d’exploitation (en %)
Marge brute exploitation = (Excédent brut d’exploitation ÷ Chiffre d’affaires HT) × 100
Rentabilité de l’exploitation avant amortissements
Ratios structurels et boursiers
Ratios structurels (en %)
Liquidité actif = (Actif circulant ÷ Actif total) × 100
Immobilisation actif = (Immobilisations nettes ÷ Actif total) × 100
Composition du patrimoine de l’entreprise
Ratios boursiers
BPA (Bénéfice par action) = Bénéfice net ÷ Nombre total d’actions
Price-to-Book = Capitalisation boursière ÷ Capitaux propres
PER (Price Earning Ratio) = Capitalisation boursière ÷ Bénéfice net
Les ratios du compte de résultat pour mesurer l’activité et la rentabilité
Le compte de résultat constitue une source majeure d’informations pour calculer des ratios liés à l’activité commerciale et à la rentabilité de l’entreprise. Ces indicateurs permettent d’évaluer la capacité d’une société à générer des ventes et des profits.
Le ratio d’activité pour suivre l’évolution du chiffre d’affaires
Le ratio d’activité exprime la variation du chiffre d’affaires hors taxe d’une année sur l’autre. Son calcul s’effectue en soustrayant le chiffre d’affaires de l’année précédente à celui de l’année en cours, puis en divisant le résultat par le chiffre d’affaires de l’année précédente. Ce ratio, exprimé en pourcentage, représente le premier indicateur calculable lorsque le compte de résultat est présenté en liste.
Un résultat négatif signale une baisse du chiffre d’affaires qui mérite explication. Des choix stratégiques, comme un repositionnement de gamme, ou des difficultés ponctuelles, comme une perte de client, peuvent justifier cette diminution. À l’inverse, un résultat positif témoigne d’une progression de l’activité. Pour que cet indicateur soit réellement significatif, sa mise en perspective avec le niveau d’inflation apparaît nécessaire, car la hausse des prix peut artificiellement gonfler le chiffre d’affaires sans traduire une réelle croissance des volumes vendus.
Le taux de rentabilité net pour évaluer la profitabilité
Le taux de rentabilité net, également appelé ratio de profitabilité, mesure la capacité de l’entreprise à générer des bénéfices par rapport à son niveau d’activité. Ce ratio s’obtient en divisant le résultat net par le chiffre d’affaires hors taxe, puis en multipliant par cent. Un taux de 20% signifie que pour 1000 euros de chiffre d’affaires réalisé, la société génère 200 euros de bénéfice net.
Plus ce taux s’élève, plus l’entreprise dégage des profits importants en proportion de son activité. L’interprétation de ce chiffre nécessite toutefois une mise en perspective avec les résultats des années précédentes et avec ceux des entreprises concurrentes du même secteur. Des investissements conséquents ayant augmenté les charges ou une stratégie tarifaire agressive visant à gagner des parts de marché peuvent expliquer un taux relativement faible sans que cela traduise une mauvaise santé financière.
Les actionnaires et les établissements de crédit accordent une attention particulière à cet indicateur car il révèle la capacité de l’entreprise à transformer son activité en richesse réelle. Une évolution positive dans le temps témoigne d’une amélioration de la gestion opérationnelle et de la maîtrise des coûts.
Le taux de marge commerciale pour piloter les prix
Le taux de marge commerciale figure parmi les ratios les plus importants pour un chef d’entreprise. Cet indicateur se calcule en divisant la marge commerciale par le chiffre d’affaires hors taxe. La marge commerciale correspond quant à elle au chiffre d’affaires hors taxe diminué des achats et des services consommés.
Ce ratio sert d’outil précieux pour fixer ou faire évoluer les prix de vente. Il permet également de calculer le seuil de rentabilité, c’est-à-dire le niveau d’activité minimal à partir duquel l’entreprise commence à dégager des bénéfices. Pour les activités de négoce ou de commerce, ce taux représente le pourcentage du chiffre d’affaires qui reste après avoir payé les marchandises revendues.
La comparaison de ce taux avec celui des concurrents aide à positionner l’entreprise sur son marché. Une baisse récurrente doit alerter le dirigeant et le conduire à mettre en place des actions correctives. Deux leviers principaux s’offrent alors : augmenter les prix de vente ou réduire les charges d’achat et de fonctionnement. Le choix entre ces options dépend de la stratégie commerciale, de l’élasticité de la demande et de la structure des coûts de l’entreprise.
Le ratio de productivité pour mesurer la performance du personnel
Le ratio de productivité, exprimé directement en euros, évalue les performances du personnel en mesurant le chiffre d’affaires ou un autre indicateur produit par chaque salarié. Son calcul divise l’indicateur choisi par le nombre de salariés. Comme indicateur au numérateur, on peut utiliser le chiffre d’affaires, la valeur ajoutée ou l’excédent brut d’exploitation.
Ce ratio s’applique à toutes les entreprises, quel que soit leur secteur d’activité. Les sociétés de services, de production comme de négoce peuvent en tirer des enseignements utiles. La comparaison avec les concurrents du secteur permet de situer l’efficacité relative de l’organisation du travail et des processus internes. Un ratio inférieur à la moyenne sectorielle peut signaler des problèmes d’organisation, de formation ou de motivation des équipes.
Le ratio de répartition de la valeur ajoutée pour comprendre la distribution des richesses
Le ratio de répartition de la valeur ajoutée mesure la part de celle-ci attribuée à chaque partie prenante de l’entreprise. Quatre destinataires principaux se partagent cette richesse créée : l’État à travers la fiscalité, les prêteurs via les charges financières, les salariés par les charges de personnel, et l’entreprise elle-même qui conserve le résultat net.
Plusieurs formules permettent de calculer ces différentes répartitions. La valeur ajoutée revenant à l’État s’obtient en divisant les impôts et taxes par la valeur ajoutée totale. Pour les prêteurs, on divise les charges financières par la valeur ajoutée. La part des salariés se calcule en divisant les charges de personnel par la valeur ajoutée. Enfin, la part conservée par l’entreprise correspond au résultat net divisé par la valeur ajoutée.
Cette analyse offre une vision globale de la politique de distribution des richesses de l’entreprise. Elle permet notamment de comprendre le poids de chaque poste dans la structure de coûts et d’identifier les marges de manœuvre potentielles pour améliorer la rentabilité.
Les ratios du bilan pour analyser la structure financière
Le bilan comptable fournit les données nécessaires au calcul de ratios permettant d’évaluer la solidité financière de l’entreprise, son niveau d’endettement et sa capacité à faire face à ses engagements.
Le ratio d’indépendance financière pour mesurer l’autonomie
Le ratio d’indépendance financière révèle l’état de l’endettement financier de l’entreprise par rapport à ses fonds propres. Il se calcule en divisant les capitaux propres par les capitaux permanents. Les capitaux permanents regroupent les capitaux propres, les provisions à long terme et les dettes financières.
Un ratio trop faible complique les possibilités de trouver des financements externes car il indique que l’entreprise dépend fortement des entités qui la financent et ne dispose que de très peu de marge de manœuvre générée par ses ressources propres. Les banques et investisseurs privilégient généralement les sociétés présentant un bon niveau d’indépendance financière, gage de stabilité et de moindre risque.
Ce ratio d’autonomie financière peut également se calculer en divisant les capitaux propres par le total du bilan. Cette variante mesure le poids des fonds propres face à l’ensemble des ressources de l’entreprise. Un ratio élevé témoigne d’une structure financière saine et d’une capacité à absorber des chocs économiques sans mettre en péril la pérennité de l’activité.
Le ratio de liquidité générale pour évaluer la solvabilité à court terme
Le ratio de liquidité générale mesure la capacité d’une entreprise à acquitter ses dettes à court terme. Son calcul divise l’actif circulant par le passif circulant. L’actif circulant comprend les stocks et les créances clients, tandis que le passif circulant regroupe les dettes fournisseurs, les dettes fiscales ainsi que les dettes sociales.
Lorsque ce ratio dépasse un, l’actif circulant permet de financer au moins le passif circulant. L’entreprise peut alors être considérée comme solvable à court terme. Un ratio inférieur à un signale un risque de tension de trésorerie car les ressources disponibles à court terme ne suffisent pas à couvrir les engagements de même échéance. Cette situation nécessite des actions rapides pour renforcer la trésorerie ou négocier des délais de paiement plus favorables.
Deux autres variantes complètent cette analyse. Le ratio de liquidité restreinte divise les créances plus les disponibilités par les dettes à court terme, en excluant les stocks dont la liquidation peut prendre du temps. Le ratio de liquidité immédiate ne retient que les disponibilités au numérateur, offrant une vision encore plus prudente de la capacité de remboursement instantané.
Le ratio de couverture des emplois stables pour vérifier l’équilibre financier
Le ratio de couverture des emplois stables, exprimé en pourcentage, mesure le taux de couverture des actifs détenus à long terme par des passifs ayant le même horizon temporel. Il se calcule en divisant les capitaux permanents par l’actif immobilisé net. L’actif immobilisé correspond aux immobilisations brutes, déduction faite des amortissements et des dépréciations.
Ce ratio doit être au moins égal à cent pour cent. Une valeur supérieure apparaît même préférable car elle signifie que les ressources stables de l’entreprise lui permettent de dégager un excédent de liquidité qui pourra servir à financer le besoin en fonds de roulement. Cette règle d’or de la gestion financière stipule que les emplois durables doivent être financés par des ressources durables, évitant ainsi un déséquilibre structurel du bilan.
Le ratio de vétusté pour apprécier l’état de l’outil de production
Le ratio de vétusté, exprimé en pourcentage, mesure le niveau d’usure de l’appareil de production d’une entreprise. Il se calcule en divisant les immobilisations corporelles nettes par les immobilisations corporelles brutes. Plus ce ratio s’approche de un, plus il indique que l’outil de production est récent. À l’inverse, un ratio faible témoigne d’un vieillissement des équipements.
Cette information guide les décisions d’investissement. Des équipements vétustes peuvent entraîner une perte de productivité, des pannes plus fréquentes et des coûts de maintenance élevés. Ils peuvent également pénaliser la compétitivité de l’entreprise face à des concurrents mieux équipés. Le suivi de ce ratio dans le temps permet d’anticiper les besoins de renouvellement et de planifier les investissements nécessaires.
Les ratios de trésorerie et d’équilibre financier
Les ratios de trésorerie mettent en évidence la capacité de l’entreprise à gérer ses flux financiers et ses stocks, aussi bien vis-à-vis des règlements fournisseurs que de la facturation clients. Trois notions fondamentales structurent cette analyse.
Le fonds de roulement net global
Le fonds de roulement net global représente l’excédent ou l’insuffisance des capitaux permanents sur l’actif immobilisé. Il se calcule en soustrayant l’actif immobilisé des capitaux permanents. Lorsqu’il est positif, il atteste de la solvabilité de l’entreprise et signifie que les ressources à long terme financent non seulement les investissements durables mais génèrent également un surplus disponible pour le cycle d’exploitation.
Le besoin en fonds de roulement
Le besoin en fonds de roulement équivaut aux stocks, créances clients et autres créances, moins les dettes fournisseurs, dettes fiscales et dettes sociales. On distingue le besoin en fonds de roulement d’exploitation, qui concerne l’activité normale de l’entreprise, et le besoin en fonds de roulement hors exploitation, qui regroupe les éléments exceptionnels.
Le besoin en fonds de roulement d’exploitation se calcule en soustrayant le passif circulant d’exploitation de l’actif circulant d’exploitation. Un besoin positif signifie que le cycle d’exploitation immobilise des ressources financières qui doivent être financées, soit par le fonds de roulement, soit par des découverts bancaires.
La trésorerie nette
La trésorerie nette représente le solde entre la trésorerie à l’actif et la trésorerie au passif. Elle peut également se calculer en soustrayant le besoin en fonds de roulement du fonds de roulement. Cet indicateur mesure la trésorerie réellement disponible pour l’entreprise à un instant donné. Une trésorerie nette positive témoigne d’une situation financière saine, tandis qu’une trésorerie négative révèle un recours aux concours bancaires courants.
Les délais de règlement clients et fournisseurs
Le délai moyen de règlement clients mesure la durée moyenne de réception du paiement des clients en jours. Il se calcule en multipliant les créances clients toutes taxes comprises par trois cent soixante, puis en divisant par le chiffre d’affaires toutes taxes comprises. Une augmentation de ce délai peut indiquer que certains clients rencontrent des difficultés ou que les procédures de relance ne fonctionnent pas efficacement. Cette situation engendre des problèmes de trésorerie qui peuvent mettre en péril l’équilibre financier de l’entreprise.
Le délai moyen de règlement fournisseurs mesure la durée moyenne des crédits accordés par les fournisseurs en jours. Son calcul multiplie les dettes fournisseurs toutes taxes comprises par trois cent soixante, puis divise par le total des achats toutes taxes comprises. La gestion de ce délai constitue une source de financement pour l’entreprise. Son augmentation permet de repousser les échéances de sortie de trésorerie. Attention toutefois car cette pratique peut être mal perçue par les fournisseurs ou signaler que l’entreprise subit des difficultés de trésorerie, conduisant certains partenaires à exiger désormais des paiements immédiats.
Le ratio de rotation des stocks
Le ratio de rotation des stocks mesure la difficulté à écouler les stocks de marchandises. Il se calcule en multipliant la valeur du stock de marchandises par trois cent soixante, puis en divisant par le total des achats toutes taxes comprises. Ce ratio, exprimé en jours, indique combien de temps en moyenne une marchandise reste en stock avant d’être vendue.
Le stock moyen sur l’exercice se calcule en additionnant le stock initial et le stock final, puis en divisant par deux. Les achats consommés correspondent au coût d’achat des marchandises vendues pendant la période. Une augmentation de ce ratio peut être synonyme de difficultés de ventes ou de sur-approvisionnement. À l’inverse, une diminution peut indiquer une accélération des ventes ou une meilleure gestion des approvisionnements.
Les ratios de solvabilité et de couverture
Les ratios de solvabilité évaluent la capacité de l’entreprise à créer et conserver de la valeur en comparaison avec le reste de ses ressources. Ces indicateurs intéressent particulièrement les prêteurs et les investisseurs car ils révèlent la solidité financière à moyen et long terme.
Le ratio de capacité de remboursement
Le ratio de capacité de remboursement divise l’endettement net par la capacité d’autofinancement. Il peut également se calculer en divisant la capacité d’autofinancement annuelle par les annuités de remboursement totales sur emprunts à moyen terme. Cet indicateur mesure la capacité de l’entreprise à rembourser plus ou moins vite par rapport aux délais initiaux. En règle générale, on estime que ce ratio doit être inférieur ou égal à quatre. Au-delà, le niveau d’endettement devient préoccupant car il faudrait plus de quatre années de capacité d’autofinancement pour éteindre la totalité des dettes.
Le ratio de couverture des frais financiers
Le taux de couverture des frais financiers divise les frais financiers nets par la valeur ajoutée. Il mesure l’indépendance de l’entreprise face à ses frais financiers. Un taux élevé signifie qu’une part importante de la richesse créée par l’entreprise sert à rémunérer les prêteurs, laissant peu de marge pour les autres parties prenantes. Cette situation fragilise l’entreprise car elle limite sa capacité à investir, à distribuer des dividendes ou à augmenter les salaires.
Le ratio de couverture des emprunts à long terme
Le taux de couverture des emprunts à long terme divise les remboursements annuels par la capacité d’autofinancement. Il mesure l’indépendance de l’entreprise face à ses emprunts à long terme. Un ratio proche de un indique que la capacité d’autofinancement suffit tout juste à assurer les remboursements prévus, ne laissant aucune marge pour d’autres projets ou pour faire face à des imprévus.
Le ratio de couverture de la dette
Le taux de couverture de la dette divise l’excédent brut d’exploitation par les annuités d’emprunt et de crédit-bail. Il mesure l’indépendance de l’entreprise face à l’ensemble de ses dettes. Cet indicateur synthétique permet aux banquiers d’évaluer rapidement la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements financiers à partir de ses performances opérationnelles.
Les ratios de rentabilité des capitaux
Au-delà de la rentabilité commerciale mesurée par les ratios issus du compte de résultat, l’analyse financière s’intéresse également à la rentabilité des capitaux investis dans l’entreprise.
Le ratio de rentabilité des capitaux propres
Le ratio de rentabilité des capitaux propres, également appelé Return on Equity, mesure le rendement des capitaux investis dans la société. Il se calcule en divisant le résultat net par les capitaux propres. Cet indicateur intéresse particulièrement les actionnaires car il révèle la richesse créée par l’entreprise grâce à leurs apports. Un ratio élevé témoigne d’une utilisation efficace des fonds propres et justifie le maintien ou l’accroissement de l’investissement dans l’entreprise.
La rentabilité globale
La rentabilité globale se calcule en divisant le résultat net comptable par le chiffre d’affaires hors taxe, puis en multipliant par cent. Elle mesure le poids des charges sur la capacité de l’entreprise à générer des ventes. Cet indicateur synthétique combine les aspects commerciaux et financiers de la performance globale.
Le taux de marge brute d’exploitation
Le taux de marge brute d’exploitation divise l’excédent brut d’exploitation par le chiffre d’affaires hors taxe. Il mesure la rentabilité réelle de l’entreprise et sa capacité à couvrir les amortissements. L’excédent brut d’exploitation représente la richesse dégagée par l’exploitation courante avant prise en compte des politiques d’amortissement, de financement et de la fiscalité. Un taux élevé témoigne d’une exploitation performante.
Les ratios structurels et boursiers
Les ratios structurels se fondent sur le bilan comptable pour porter une analyse plus en profondeur sur le patrimoine de la société. Le ratio de liquidité de l’actif divise l’actif circulant par l’actif total pour mesurer la proportion des stocks et créances clients face à l’ensemble du bilan. Le ratio d’immobilisation de l’actif divise les immobilisations nettes par l’actif total pour mesurer la proportion d’immobilisations corporelles face à l’ensemble du patrimoine.
Dans le cas d’une entreprise cotée en bourse, d’autres indicateurs peuvent être utilisés pour jauger la valeur de ses actions. Le bénéfice par action divise le bénéfice net par le nombre total d’actions pour mesurer la rentabilité unitaire. Le Price-to-Book ratio divise la capitalisation boursière par les capitaux propres pour mesurer la valorisation de l’entreprise sur le marché par rapport à ses fonds propres. Le Price Earning Ratio divise la capitalisation boursière par le bénéfice net pour mesurer la valorisation de l’action et détecter une potentielle surévaluation ou sous-évaluation.

Choisir les bons ratios selon votre situation
Tous les ratios ne conviennent pas à toutes les entreprises. Selon la situation et le secteur d’activité, les indicateurs pertinents varient considérablement. Pour choisir les ratios les plus adaptés, plusieurs critères doivent guider votre réflexion.
L’analyse des indicateurs clés de performance propres à votre métier constitue le point de départ. Une entreprise de e-commerce privilégiera des ratios comme le panier moyen, le taux de conversion ou le coût par clic, tandis qu’une société industrielle se concentrera sur des ratios de productivité des équipements ou de rendement matière. L’environnement concurrentiel et les spécificités du marché influencent également ce choix. Certains secteurs comme la grande distribution fonctionnent avec des marges très faibles compensées par des rotations rapides, alors que d’autres comme le luxe privilégient des marges élevées avec des volumes plus réduits.
Le contenu des états financiers oriente également la sélection. Une entreprise disposant d’actifs immobiliers importants accordera une attention particulière aux ratios de vétusté et de couverture des emplois stables. Une société de services avec peu d’immobilisations se concentrera davantage sur les ratios de rentabilité et de gestion du besoin en fonds de roulement.
L’occasion pour laquelle vous avez recours aux ratios financiers ainsi que l’horizon temporel auquel vous souhaitez agir constituent deux critères supplémentaires. Une négociation bancaire mettra l’accent sur les ratios d’endettement et de couverture de la dette, tandis qu’un diagnostic interne privilégiera les ratios opérationnels et de rentabilité. La problématique spécifique à laquelle votre société doit répondre détermine en définitive les indicateurs les plus utiles : liquidité, solvabilité, rentabilité ou couverture des risques financiers.
Interpréter les ratios avec prudence
Si le calcul d’un ratio reste relativement simple, son interprétation exige davantage de nuances et d’expérience. Un ratio seul n’apporte pas d’explications complètes. Il doit généralement être associé à un ensemble d’informations complémentaires pour permettre une analyse pertinente. La comparaison dans le temps et dans l’espace s’avère indispensable pour donner du sens aux chiffres obtenus.
La comparaison dans le temps consiste à suivre l’évolution d’un même ratio sur plusieurs exercices. Une tendance à la hausse ou à la baisse révèle des dynamiques qu’un chiffre isolé ne permet pas de percevoir. Cette approche historique aide à distinguer les accidents conjoncturels des évolutions structurelles et à apprécier l’efficacité des actions correctives mises en place.
La comparaison dans l’espace confronte les ratios de l’entreprise à ceux de ses concurrents ou aux moyennes du secteur. Cette mise en perspective relative permet de déterminer si les performances observées reflètent des particularités propres à l’entreprise ou des caractéristiques communes à l’ensemble de la branche d’activité. Un taux de marge faible peut ainsi apparaître normal dans un secteur très concurrentiel, alors qu’il signalerait un problème dans une activité plus protégée.
Les ratios présentent également certaines limites qu’il convient de garder à l’esprit. Ils évaluent principalement les performances passées et ne permettent pas de prévoir le futur de l’entreprise avec certitude. Un ratio excellent aujourd’hui ne garantit pas nécessairement une performance future, notamment si l’environnement économique se dégrade ou si de nouveaux concurrents apparaissent.
Les ratios restent souvent difficilement compréhensibles pour les non-initiés. Un accompagnement par des personnes capables de les interpréter correctement, comme un analyste financier, un consultant en gestion ou un expert-comptable, apporte une valeur ajoutée significative.
Les outils pour automatiser le calcul des ratios
De nombreux logiciels internes aux entreprises peuvent désormais fournir des ratios automatiquement en fonction des paramétrages effectués. Les logiciels de comptabilité intègrent généralement des modules d’analyse financière qui calculent les principaux ratios à partir des données saisies. Les outils de pré-comptabilité, de facturation et de gestion de trésorerie permettent également de suivre certains indicateurs en temps réel sans attendre la clôture de l’exercice.
Ces solutions informatiques présentent plusieurs avantages. Elles automatisent des calculs répétitifs et éliminent les risques d’erreur de saisie ou de formule. Elles permettent de suivre les indicateurs à des fréquences plus rapprochées, par exemple mensuellement au lieu d’annuellement, et offrent ainsi une vision plus réactive de la situation. Ces solutions facilitent également la présentation des résultats sous forme de tableaux de bord graphiques et rend l’information plus accessible aux décideurs.
Tous les outils utilisés par l’entreprise et ses collaborateurs qui permettent de suivre l’activité financière et économique constituent des sources potentielles de ratios. L’enjeu consiste à paramétrer correctement ces systèmes pour extraire les informations pertinentes et à former les utilisateurs à leur interprétation.
